«J’aimais bien l’idée d’avoir choisi un métier peu connu et qui posait question»

Jean-Marc Leresche est responsable, depuis mars 2017, de La Margelle, lieu d’écoute et d’accompagnement en ville de Neuchâtel. Avant d’entreprendre la formation diaconale et d’être consacré dans l’Église réformée neuchâteloise (EREN) en 2015, il était déjà actif comme aumônier dès 2008. Il s’exprime sur son blog meditheoblog.

​En quelques lignes, quel est votre parcours, en particulier professionnel, avant votre décision de devenir diacre?

J’ai tout fait… Formation commerciale, maturité, puis soutien scolaire, en autodidacte et indépendant, pendant près de 16 ans, aux élèves de l’école obligatoire et jusqu’aux formations supérieures (lycée, matu, CFC). J’ai aussi été écrivain public et enseignant pour débutants en informatique.

Quels sont les apports de ce parcours diversifié dans votre ministère actuel?

D’abord le goût de l’indépendance. L’envie d’aider, l’écoute et l’adaptation à chacun, le souci de l’autre et le respect. Et aussi cet objectif de permettre à l’autre d’aller un peu plus loin et de progresser.

Pourquoi avez-vous choisi le diaconat plutôt que le pastorat?

LongJean-Marc Lerescheue hésitation pendant la formation des Explorations théologiques… J’ai le goût des études, mais la géographie des facultés a été un argument. Plus j’avançais dans le ministère auprès des aînés, plus je me sentais à l’aise dans ce rôle d’aidant. Une confidence: j’aimais bien l’idée d’avoir choisi un métier peu connu et qui posait question. Pasteur, on voit ce que c’est… Diacre, c’est plus difficile. C’est comme «écrivain public», c’est quoi?

Un déclencheur particulier pour vous lancer dans ce ministère?

Après un catéchisme un peu décevant, et une longue période d’éloignement de l’Église, c’est la rencontre avec un ancien prof qui m’a parlé de sa foi. Des rencontres, des balades et des discussions m’ont amené à me questionner. Je ne partageais pas l’expression de foi cet ami, de tendance évangélique, mais il a été celui qui m’a fait me reconnecter avec l’Église. Un accueil chaleureux au Locle, là où j’habitais, et des responsabilités croissantes m’ont permis de me sentir à ma place.

​Quel est votre parcours au sein de l’EREN avant de reprendre la responsabilité de La Margelle?

En 2008: je m’engage comme aumônier laïc en EMS, suite à une réorganisation des postes de la paroisse des Hautes Joux. Ce qui m’incite, en 2011 à entamer une formation diaconale en cours d’emploi.

Puis le CPT (Clinical Pastoral Training) au CHUV en 2011. Et un remplacement dans l’animation d’un groupe de pré-ados (11-14 ans) au Locle, le groupe Tourbillon.

En 2014, j’obtiens mon diplôme de diacre et demande ma consécration. Je reprends un service de visite à domicile en paroisse aux Hautes Joux.

Dès 2015, je travaille en aumônerie de rue à La Chaux-de-Fonds. Le remplacement initial qui devait durer 6 mois a finalement duré 2 ans et demi.

En 2017, je deviens responsable de La Margelle. Et j’abandonne logiquement l’aumônerie de rue et de la paroisse des Hautes Joux.

Qu’est-ce que cela change de donner ce poste à un diacre plutôt qu’à un pasteur?

Je crois qu’au-delà de la formation, ce sont les compétences, les charismes et la personnalité qui sont à considérer. Sans doute que mon expérience professionnelle antérieure, la diversité de mon parcours et des publics rencontrés ont pesé pour une part dans ce que je suis devenu. Mais fondamentalement, ça ne change rien. Denis Perret, initiateur de La Margelle, était pasteur. Je n’utilise pas le qualificatif de diacre pour mes rapports aux autres associations ou institutions de la société civile, mais je me présente comme simplement comme «Responsable de la Margelle».

Si c’était à refaire?

Je crois qu’il faut saisir les opportunités quand elles se présentent. Peut-être que la formation universitaire pastorale aurait été une option en d’autres temps, mais la commission de consécration m’a qualifié de «diacre atypique (nous le sommes tous quelque part, non?), à forte orientation pastorale». Et ça me va bien. On m’a aussi qualifié parfois, sur le mode humour, de «sous-pape» pour assurer un remplacement. Ça me va aussi.

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